Bien s?r, on invoque la santé publique pour justifier cette mesure qui pourrait contribuer pour chacun d’entre nous à la fameuse consommation de ? cinq fruits et légumes par jour ?. En réalité, il semblerait que ce soit une manière de détourner l’usage premier de ces titres restaurant, initialement, une participation de l’employeur aux repas pris sur place…
Le titre restaurant est devenu un bonus courant pour les salariés, au même titre que le remboursement de la carte orange ou la mutuelle. De plus en plus d’entreprises y ont recours. En 1981, 171 millions de titres restaurant étaient émis pour une valeur globale de 2 milliards de francs. En 2006, ce sont 585 millions de titres qui sont distribués pour une valeur de plus de 3 milliards d’euros ! Ce ticket est initialement prévu pour les salariés n’ayant pas accès à une restauration d’entreprise. Ils sont utilisables à l’unité, uniquement le midi et en semaine. Pourtant, tout le monde les utilise le soir ou le week-end au restaurant avec ses amis.
Aujourd’hui, de plus en plus d’enseignes de la grande distribution permettent de payer tout ou partie de ses courses avec ces tickets. Selon l’Union Nationale des Titres Restaurant, ?? seuls certaines grandes surfaces qui possèdent un traiteur par exemple, sont autorisés à accepter ce type de règlement et uniquement dans ce cadre. Ils peuvent être contr?lés et risquent des amendes s’ils les acceptent pour des produits non-alimentaires par exemple.? Du c?té des fournisseurs de ces tickets ou chèques restaurant, le discours est plus clair. Le service client de Sodexo joint au téléphone par Ecotidien nous explique : ? Officiellement, c’est interdit. En réalité, il y a une tolérance en raison du problème du pouvoir d’achat, et les supermarchés qui acceptent cette méthode, ne sont jamais verbalisés. ? Impossible donc de se procurer une quelconque liste des établissements qui permettent ce genre de règlements.
De ce fait, l’utilisation de ce paiement en grande surface reste flou. Chaque établissement établit sa propre ligne de conduite. Marina paie régulièrement ses courses avec ses titres restaurant. Pour elle c’est une aubaine. ? Nous allons très peu au restaurant, nous sommes trop nombreux dans ma famille. Avec mes tickets je peux économiser jusqu’à cent cinquante euros par mois, soit près de la moitié de mon budget alimentation. ? Mais elle doit avoir recours à certaines astuces. ? Je connais un magasin près de chez moi qui accepte deux tickets par caddie. Du coup, je fais mes courses avec mon mari et nous payons séparément ce qui nous permet d’utiliser deux fois plus de tickets. ?. Certains hypermarchés plafonnent en nombre de tickets, souvent de deux à dix, d’autres fixent un prix maximum. Il n’est pas rare dans ce cas de voir de la lessive, du papier toilette ou même des bières être payés en titres restaurant. Mais là encore, c’est à l’appréciation des commer?ants : pas en dehors des horaires du midi, oui, mais pas pour le jambon, pas le week-end, oui, mais sans rendre la monnaie…
Le titre restaurant est donc devenu un moyen de paiement indispensable. Elodie ne s’en cache pas, ? si on m’enlève cet avantage, il est certain que je me poserais des questions sur mon avenir dans mon entreprise. Même si ce n’est pas censé être un critère, c’est devenu un élément essentiel. Je me suis habituée à intégrer ces titres dans mon budget. ? Le ticket repas à aujourd’hui une valeur moyenne de 6,87 euros. Le salarié ne paie que 40 à 50 % de sa valeur à l’employeur. A l’heure actuelle près de 120000 entreprises y ont recours. Mais on estime à cinq millions le nombre de salariés ne bénéficiant pas encore de restaurant d’entreprise : l’avenir du titre restaurant est assuré.
Ange Santenard
replique
No comments:
Post a Comment